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Coopérer avec son présent comme Damlif

Photo du rédacteur: skin
skin
16 févr. 2024
4 min de lecture

Damlif - Maison à l'aide


Dans cet ep, Damlif révèle pièce par pièce sa relation avec le temps et comment il vit avec lui. Tout d’abord, il faut admettre que le temps est lié au mental, nous vivons avec les peurs du passé et les angoisses du futur, vivre le moment présent est une victoire contre le mental qui nous en distrait continuellement. Aujourd’hui, nous apprenons que notre passé fait qui nous sommes, mais cette identification au passé peut causer une intense nostalgie ou de profonds regrets.






















cover Maison à l'aide par LeRayonLunaire


1. Course aux souvenir


Damlif ouvre premièrement les yeux pour avoir un aperçu de la vision qu’il a du présent pour vite retourner s’inquiéter du passé « y a que le bleu gris, y a que le bleu nuit, c’est tout ce que je peux dire ». Il appuie sur son identification au passé et surtout a quel point elle l’empêche de vivre en ne pensant qu’à maintenant. Damlif se prononce comme un esprit plongé dans ses souvenirs qui ont l’air plus beaux que ce qu’il voit quand il ouvre ses yeux « j’aime pas les journées dehors, j’aime pas les journées dedans, à part à travers le manque, j’ressens plus vraiment le temps ». Les journées actuelles n’ont aucune saveur, plus rien n’est marquant comme avant, même la tristesse n’est plus si triste.
« y a quoi qui fait briller mes joues, rien d’nouveau, rien comme avant »




2. Réalisation


La souffrance a besoin du temps pour survivre, et quand Damlif dit « j’aimais les gens et j’les aime toujours, on s’aimait bien et on s’aime toujours, on a guéri mais on saigne toujours », c’est un aveu de la victoire de la souffrance qui, même guérie fait encore saigner, même oublié, le passé gagne.

Je ne sais pas si l’écriture de Damlif pour ce projet était délibérément liée aux notions et principes qui entourent la réflexion du temps, mais le fait d’exprimer « j’mourrai tranquille dans un pull bleu gris », donc, qu’il ne vit pas dans le présent mais que de toute manière il mourra tranquille est subtilement lié car quand la mort physique arrive, on est libéré de toutes nos connaissances, toute notre personnalité construite par et pour les autres, rien ne reste a part l’essence de soi même. C’est souvent à ce moment-là qu’une personne expérimente pour la première fois la pleine conscience de lui-même.

Pour le côté story-telling de son rapport au temps, Damlif montre tout de même un côté lucide mais pas pour autant rassurant, comme s’il ouvrait les yeux dans le présent juste de temps en temps quand l’envie lui prend de sortir de ses tourments, mais la vérité c’est que la confrontation avec soi-même éblouie : « ah ouai tous les jours y’a trop d’soleil pour mes yeux ». La lucidité c’est aussi reconnaitre le positif et le négatif d’une situation, à ce moment là de ce genre de réflexion, perdu dans son malheur, Damlif reconnaît : « j’sais plus quoi faire si mes problèmes se résolvent », comme si c’était une peur de réaliser ce qu’y est vraiment, c’est-à-dire, un humain bloqué par ses souvenirs, ce qui empêche de voir clair et d’avancer. « j'ai toujours le front dans mes mains, j’crois j’peux voir à travers mes mains »

« y’a qui qui veut bien faire à ma place, moi j’voulais juste bien faire à la base »

C’est comme ça qu’on s’y perd, en entreprenant quelque chose pour un but futur, encore une fois le présent est utilisé pour l’avenir au lieu d’être sur cette lame de rasoir qui n’est que maintenant, il agit pour plus tard mais un plus tard qui s’exprimera comme un maintenant de toute façon. Comme il est écrit dans « Le pouvoir du moment présent » d’Eckhart Tolle : « Le mental fait alors de l’avenir une obsession pour échapper à un présent insatisfaisant. »


3. Revendication de son présent


Le fil rouge se perpétue et Damlif revendique son présent, en essayant de poser ses idées, revenir doucement pour pouvoir constater enfin ce qu’il s’y passe et finalement vouloir poser des mots dessus. « Tous les jours j’dis je sais pas, les joues pleines à craquer, j’ai les mots qui dépassent »
La première chose que Damlif remarque quand il fait face au monde est « j’habite dans un monde où les gens se perdent en chemin ». La conséquence est simple et les causes sont multiples, mais même en considérant qu’il y a un seul bon chemin, personne n’est dessus, le monde se perd.

En gardant les yeux ouverts, Damlif a déjà fait un grand pas, maintenant il voit ce qu’il se passe devant lui, et même si rien n’est plus comme avant, il reste quand même marqué par les expériences passées et essaye de réagir comme si tout ça importait désormais vraiment.
« regarde-moi quand je fais semblant d’être fâché, j’ai attaché mes cheveux juste pour les relâcher ». Encore par sa lucidité, il sait qu’il réagit comme il faudrait réagir, mais sait que sa démarche est de retrouver des sensations oubliées. Une fois les yeux ouverts sur le présent, le passé tend à s’oublier, la vision est désormais recentrer sur l’instant après une durée inconnue de temps perdu.

Tout est donc un renouveau et tout doit changer pour que Damlif se ré-approprie pas à pas qui il est aujourd’hui, son temps, sa vision. « Tous les jours que Dieu fait, c’est la même affaire, il faut qu’je réajuste, il faut qu’je réapprenne »
Cette phase là est la compréhension d’une erreur d’identification. Une identification à vivre tous les jours la même journée, surtout qu’en vivant par le passé on ne vit pas vraiment. En admettant qu’il doit changer sa façon de faire, il casse le cercle vicieux et va attirer ce dont il a besoin en changeant son énergie. Il faut changer ses souffrances pour plus qu’elles ne soient une identité mais une façon de se réaliser.

« moi j’ouvre les yeux dans l’eau salée, ça pique mais c’est pas grave »

Premier moment de présence de Damlif, il ne parle ni du passé ni du futur et ressent l’eau salée dans ses yeux, douleur qu’il accepte comme signification du présent.




cover I, Who Dreamed par Ange Albert cover Marcelle par @shukowski

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