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KUWIRAA

Photo du rédacteur: skin
skin
14 sept. 2025
2 min de lecture

"Le corps et le coeur de la pensée

Dans un rêve, les souvenirs sont confus. Nous apercevons un paysage sans ces détails, une personne sans son visage.

Le flou omnipresent représente cette confusion onirique.

L’identité n’existe pas, il n’y a qu’un corps sans visage auquel le spectateur peut s’identifier.

Le corps n’est pas l’élément principal, c’est simplement une pièce du puzzle.

À l’image du miroir de Némésis, mes photographies mettent en question les vérités intérieures de celui qui les regarde.

Je viens questionner l’inconnu.

Le spectateur plonge dans un monde qui lui est propre, il oscille entre le rêve et la réalité."

-KUWIRAA



Par la technique et le sensible, les photographies de Kuwiraa rappellent les œuvres du peintre Paul Cézanne. Cézanne fait ses classes au temps du mouvement impressionniste, avec comme influences directes Monet, Renoir et celui qui deviendra son mentor pendant une période, Pissarro. Les impressionnistes se démarquent par une représentation moderne de la révolution industrielle, comme notamment Claude Monet qui peint le Boulevard des Capucines, tableau dans lequel on peut voir les bâtiments haussmanniens, puis Impression, Soleil Levant, où l’on peut voir une zone industrielle camouflée par les nuages de production.
Avec l’impressionnisme, Cézanne apprend à ajouter des couleurs plus claires dans ses tableaux afin de traduire dans le paysage une atmosphère et de la profondeur, contrairement à ses premières œuvres, beaucoup plus sombres, dans une période post-romantique. Rejeté par les écoles et les salons d’art parisiens, le peintre originaire d’Aix-en-Provence se révolte contre les normes académiques en créant des peintures moins homogènes que les impressionnistes et en ayant la volonté de travailler la matière, la couleur ainsi que la forme, et non pas l’expression.
Les photographies de Kuwiraa y trouvent des similarités : on y voit rarement des visages, la plupart sont empty, et la personne photographiée n’est pas l’élément principal de la photo, il forme un tout avec le paysage abstrait. Lors de l’exposition INCONSCIENCE, où Kuwiraa a exposé certaines de ses œuvres, on a pu y voir un travail sur la matière de la photographie. Il a des projets d’impression novateur qui donnent vie à une photo de manière inédite et surprenante. Ce travail sur la matière fait de ses photos des œuvres à regarder de près pour en admirer l’atmosphère et de loin pour en voir l’invisible.

Chez Cézanne comme chez Kuwiraa, on peut parler de concentration du regard et de force d’expansion qui font que l’on peut être autant captivé par les détails flous des œuvres tout en admettant le non-représenté qui déborde du cadre. Les deux artistes ne cherchent pas à représenter une personne, mais une présence, non plus un paysage, mais la création du monde. Dans les peintures de Cézanne, une fois une maturité personnelle et artistique atteinte, on y voit les éléments comme des maisons, des arbres sans détails qui laissent la place aux spectateurs de s’imprégner de l’atmosphère.
Quand Cézanne peint, on a l’impression qu’il peint ce que l’on voit à l’instant où l’on pose ses yeux sur le paysage. Quand Kuwiraa prend une photo, on y voit un tout qui est égal à un tout perceptible et palpable par l’énergie que dégage la photo.





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